La bombe politique a explosé hier soir, en Allemagne, au vu des résultats des élections dans le Land de Saxe-Anhalt. Même si les sondages sur les intentions de vote le laissaient supposer, le score réalisé par les candidats d’extrême-droite ne peut pas laisser indifférent. C’est une nouvelle confirmation des risques qui pèsent sur les démocraties, en France, en Europe et dans le Monde.
On pourrait se dire qu’après tout, les citoyens ont choisi librement leurs élus, que le vote s’est déroulé dans le respect de la Démocratie. Ce serait vrai si les représentants de ce parti, l’AfD, et plus généralement les organisations d’extrême-droite ne puisaient pas leur idéologie et ne faisaient pas régulièrement référence au nazisme qui a dévasté l’Allemagne et l’Europe il y a 87 ans. Ce serait vrai si on oubliait l’Histoire : HITLER a accédé au pouvoir en janvier 1933 après la victoire des nazis à des élections organisées démocratiquement. Deux mois plus tard, le Parlement à sa botte lui donne les pleins pouvoirs, ce dont il usera et abusera pendant plus de dix ans.
Veut-on revivre cela ou, en tout cas, prendre le risque de le revivre ? C’est à cette question qu’il devient urgent de répondre pour celles et ceux qui sont attachés à la Démocratie et aux libertés. Ces deux valeurs fondamentales doivent être défendues avec détermination. Mais il faut aussi les protéger et, pour cela, mettre en œuvre des moyens juridiques qui permettront de juguler cette progression des idées propagées par l’extrême-droite.
On connaît bien les causes de cette montée de l’audience de la mouvance nationaliste dans l’opinion. Au-delà des références idéologiques qui ne concernent qu’un faible pourcentage des électrices et des électeurs des candidats d’extrême-droite, un très grand nombre de nos concitoyens qui ne trouvent pas de réponse de la part des responsables politiques à leurs problèmes de la vie quotidienne pensent, à tort, que l’extrême-droite répondra à leurs attentes.
En France, le Rassemblement National entretient ce sentiment de « peur du lendemain », désigne des boucs-émissaires, en l’occurrence les étrangers, formule des propositions démagogiques dangereuses pour nos institutions et pour la République. Comme pour tout ce qui touche à la protection de notre environnement, « ne regardons pas ailleurs quand la maison brûle ».
Lorsque le premier vice-président du RN, Louis ALIOT, déclare vouloir « couper le robinet » à l’Ukraine qui défend son territoire face à l’envahisseur, le dictateur POUTINE, quand on sait la sympathie plus ou moins explicite manifestée par Madame LE PEN à l’égard de ce même dictateur, on a là suffisamment d’indicateurs de ce que serait la politique de l’extrême-droite française si elle accédait au pouvoir.
Chaque jour qui passe accroît les dangers qui menacent notre pays et l’Europe. On ne peut pas rester sans réagir et, surtout, sans agir.
