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lundi 15 juin 2026

Appel à la sagesse

Le quotidien national Libération publie ce jour une tribune signée par les maires socialistes de Lille et de Nantes, écologiste de Grenoble et communiste de Nîmes, appelant la Gauche de Gouvernement à se rassembler en vue de l’élection présidentielle de 2027. Ils ont mille fois raison d’inviter les responsables politiques de cette Gauche à s’inspirer de ce que ce rassemblement aura permis dans de nombreuses villes lors des élections municipales de mars dernier.

Le rassemblement autour d’un programme partagé et d’une candidature est la seule voie possible à suivre pour être présent au second tour.

Rassemblement de la Gauche, certes, mais d’abord, pour le PS, rassembler les Socialistes doit être la priorité. Ce fut la ligne suivie par François MITTERRAND et Pierre MAUROY en 1971. Elle a conduit à la victoire de 1981. Si la direction actuelle du Parti Socialiste, avec Olivier FAURE, ne se fixe pas cet objectif, elle mènera à la désillusion, voire la désespérance que nous avons connue en 2017 et en 2022. 

L’extrême-droite, dont l’audience a progressé dans l’opinion dans des proportions angoissantes, obtiendra des résultats proches de ce que les sondages nous annoncent. Ces résultats permettront au candidat ou à la candidate du RN d’être présent au second tour comme ce fut le cas en 2017 et en 2022. Il faut donc tout mettre en œuvre pour que l’électorat de gauche trouve dans les propositions formulées des réponses à ses attentes.

Ces réponses ne figurent pas dans le projet porté par les Insoumis de Jean-Luc MÉLENCHON. Leurs suggestions pourraient figurer dans un registre des bonnes intentions. Elles ne tiennent pas compte de la différence à faire entre l’idéal et la réalité telle que nous l’a apprise Jean JAURÈS.

Dans ce contexte, le calendrier est évident. Le Premier Secrétaire du PS doit annoncer rapidement l’abandon de la procédure de la primaire. C’est la volonté de la majorité du Parti. Viendra, d’ici quelques jours, l’adoption du programme de gouvernement des Socialistes. Il servira de base à la recherche d’un accord avec toutes les organisations qui s’inscriront dans cette volonté commune d’une action politique fondamentalement différente de celle menée par la macronie libérale depuis neuf ans.

Alors, celui ou celle qui portera ces propositions partagées pourra être désigné. On ne le répètera jamais assez : cette désignation devra permettre à la personnalité retenue d’être présente au second tour. Pour la plupart de celles et de ceux qui, aujourd’hui, s’inspirant sans doute de ce que nous avons connu en 2017 avec Emmanuel MACRON, affichent une intention de candidature, souhaitons que la sagesse leur fasse prendre conscience de leurs limites.

jeudi 11 juin 2026

Des conditions

Si la coupe du monde de football retiendra assurément l’attention de l’opinion pendant les semaines à venir, cet évènement ne doit pas occulter la dramatique situation dans laquelle se trouvent les Ukrainiens, les Libanais, les Palestiniens et d’une manière générale, toutes les populations vivant dans des pays où la guerre fait des victimes tous les jours.

Il ne doit pas non plus faire perdre de vue la préparation des évènements politiques à venir en France. L’élection présidentielle d’avril 2027 doit figurer en bonne place parmi les sujets de préoccupation des responsables politiques. Malheureusement, il semblerait que ce soit davantage les déclarations de candidatures qui l’emportent sur les conditions à mettre en œuvre pour garantir la présence au second tour du candidat de la Gauche de Gouvernement.

Parmi ces conditions un accord programmatique doit être conclu entre les organisations qui ont déjà gouverné ensemble, Socialistes, Communistes, Ecologistes, Radicaux de Gauche notamment. Bien entendu, cela n’exclut pas celles et ceux qui voudraient participer à la mise en œuvre d’une autre politique, la Convention de Bernard CAZENEUVE ou Place Publique de Raphaël GLUCKSMANN. Les propositions ne manquent pas. Les Socialistes discutent d’un projet qui sera, après son adoption par les militants, soumis à la discussion avec toutes celles et tous ceux qui ont réellement envie de rétablir la justice sociale après l’échec en ce domaine de la macronie libérale.

La direction du Parti Socialiste doit rapidement faire connaître la décision de renoncer à l’organisation d’une primaire. Le PS est un parti démocratique. Il est évident qu’il n’y a pas de majorité en son sein pour user de cette forme de désignation. Alors, à quoi bon tergiverser et laisser croire à « un vote sur un hypothétique vote ouvrant la voie à un improbable vote » pour citer un journaliste de la presse nationale.

Si cette question était réglée, on pourrait alors arrêter le calendrier d’élaboration d’un programme de gouvernement, commun et partagé par le plus grand nombre d’organisations de Gauche. S’il en était qui refuseraient ce processus pour s’engager, seul, dans la course à la présidence, ils prendraient le risque de faire perdre, une nouvelle fois, la Gauche, après ses échecs de 2017 et 2022.

La multiplicité des candidatures à gauche (elle existe également à droite) n’est pas en soi un problème. Déclarer sa candidature est facile. Etre élu est plus difficile. Pour cette élection à la fonction majeure de notre République il faut avoir des compétences que de nombreux candidats, déclarés ou non, ne possèdent pas. Souhaitons qu’ils aient conscience de s’en rendre compte.