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lundi 6 juillet 2026

Un choix responsable

Les premiers jours de juillet ont un goût de vacances. Certains en profitent déjà, d’autres s’y préparent. Rappelons qu’il s’agit de l’extraordinaire avancée sociale décidée par le Front Populaire en 1936, le vrai, il y a 90 ans. La semaine de 40 heures et les deux semaines de congés payés décidées alors ont changé la vie des salariés de notre pays.

Ces quinze jours sont devenus trois semaines en 1956, à l’initiative du Gouvernement de Guy MOLLET, puis quatre semaines en 1969 et, en 1981, avec Pierre MAUROY, la cinquième semaine de congés pour les salariés deviendra la règle. On observera que dans trois cas sur quatre, ce sont des gouvernements socialistes qui ont mis en œuvre ces mesures d’amélioration de la situation sociale des ouvriers et des employés de bureaux et de services.

Aujourd’hui, les Socialistes proposent d’autres mesures de justice sociale. Elles figurent dans le programme qu’ils ont adopté le 25 juin dernier. Nous aurons l’occasion d’y revenir dans les mois à venir dans le cadre de la campagne présidentielle. Pour l’heure, les militants du PS se préparent à choisir les modalités de désignation du candidat qu’ils soutiendront à cette élection présidentielle d’avril 2027. Ce choix se fera le 9 juillet prochain. Ce n’est pas un bon moment, eu égard à cette période de vacances évoquée au début de ce billet. Nombreux, sans doute, seront celles et ceux qui se trouveront dans l’incapacité de voter parce qu’ils ne seront pas chez eux à ce moment-là.

Cette décision des militants socialistes sera d’une très grande importance et aura des conséquences, non seulement pour désigner le candidat selon le processus qui sera choisi mais aussi sur le devenir du PS. Les épreuves traversées depuis plus de dix ans (cela a commencé avec les frondeurs durant le quinquennat de François HOLLANDE), les échecs électoraux successifs, les positions irresponsables des mélenchonistes vis-à-vis de la Gauche, tout cela a rendu nécessaire et urgent le rétablissement d’une réelle cohésion au sein du PS. La proposition du Premier Secrétaire, Olivier FAURE, ne ferait qu’aggraver les divisions au sein du PS lui-même comme au sein de la Gauche de Gouvernement. 

C’est dire que le choix le plus rationnel, le plus réaliste, le plus responsable est celui proposé par Nicolas MAYER-ROSSIGNOL et Boris VALLAUD. Par ce choix, les militants socialistes choisiront leur candidat. 

Pour autant, la préparation de l’élection présidentielle ne sera pas terminée, loin s’en faut. La Gauche est plurielle. Toutes ses sensibilités doivent rechercher un accord programmatique qui leur permettra de mener ensemble une politique de justice sociale et fiscale.

L’exercice n’est pas simple. Nous l’avons pourtant réussi en 1981 et en 1997. Pourquoi pas en 2027.

jeudi 2 juillet 2026

Respecter les statuts du Parti

Le Parti Socialiste est un parti de débats. Cette dimension de son fonctionnement n’a jamais été comprise (ou voulu être comprise) par les observateurs et les médias qui voient toujours dans les discussions engagées au sein du PS matière à division. Elle existe pourtant depuis près de 150 ans. Les premières divergences sont apparues dans les fameux discours des deux méthodes, prononcés à Lille, le 26 novembre 1900 par Jean JAURÈS et Jules GUESDE. Quel dommage que la différence avec le parti mélenchoniste, LFI, ne soit pas davantage mise en avant. Chez ces derniers, c’est le « gourou » qui fixe la ligne et décrète du mode de fonctionnement.

Ces divergences ont parfois abouti dans des divisions comme ce fut le cas en 1920 avec le départ des communistes qui, eux, acceptaient de se plier aux décisions du parti communiste soviétique. Les Socialistes ont cependant toujours montré leurs capacités à se rassembler, ce qui les a conduits à la victoire de 1981, par exemple.

Aujourd’hui, le débat est engagé à l’initiative du Conseil National réuni mardi dernier. Deux procédures différentes pour désigner le candidat à l’élection présidentielle que le PS soutiendra sont livrées au débat. Une est portée par le Premier Secrétaire Olivier FAURE, désormais minoritaire au sein des instances nationales. La seconde est présentée conjointement par les responsables des textes d’orientation B et C au Congrès de Nancy, en juin 2025 qui, ensemble, sont majoritaires. Ce sont donc les adhérents du PS qui vont décider, le 9 juillet prochain.

Le  choix  est  évident : il  suffit  de  respecter  les  statuts  du  Parti. Ceux-ci stipulent que ce sont les adhérents du PS, et eux seuls, qui désignent les candidats aux élections. L’ouverture à des personnes extérieures au Parti est pleine de risques. Viennent voter des gens qui choisiront un tout autre candidat le jour du scrutin d’élection du Président de la République. On l’a constaté en 2017 lorsque le choix de la primaire a fait de Benoît HAMON le candidat des Socialistes. Résultat : il arrive en 5ème position avec 6,4 % des suffrages. Il s’est en outre empressé de quitter le PS quelques semaines plus tard.

Au moment de cette primaire funeste de 2017, on a vu des citoyennes et des citoyens notoirement connus pour être des militants ou des soutiens du parti communiste, des écologistes et même des mélenchonistes (déjà !) venir voter. La droite n’a pas non plus été en reste. Le Parti Socialiste n’a pas besoin de cette nouvelle épreuve.

Nous persistons à penser que c’est d’abord sur un programme partagé qu’un accord politique doit être recherché avec toutes les organisations et les personnes qui se réclament de la Gauche. Il sera alors temps de choisir celui ou celle qui défendra ce programme devant les Français.