La canicule que nous connaissons depuis quelques jours en France et dans plusieurs pays européens, est-elle politique ?
Assurément non si on ne considère que son existence factuelle qui perturbe notre vie quotidienne. Elle n’est le résultat d’aucune décision politique arrêtée démocratiquement. Elle ne résulte d’aucun diktat imposé par un dictateur. Elle est la conséquence des réactions de la nature, à un moment « M ».
Elle devient cependant éminemment politique si on considère les causes de cette canicule, d’une part et, d’autre part, la manière dont les responsables politiques gèrent les conséquences de ce phénomène climatologique qui affecte la population.
Si la canicule résulte des réactions de la nature et si les scientifiques expliquent de façon incontestable les raisons qui créent cette situation, il est normal que l’on déplore une certaine forme d’inaction de la part des décideurs politiques. Les mesures nécessaires manquent à l’appel.
Le réchauffement climatique est devenu un lieu commun depuis plusieurs décennies. Les moyens mis en œuvre ne sont pas à la hauteur des enjeux. On a bien conscience que ce problème n’est pas seulement propre à notre pays. La France a cependant la possibilité, en montrant l’exemple, d’agir auprès des instances européennes et internationales. Nous n’avons pas relevé de telles intentions chez l’actuel Chef de l’Etat pourtant très actif dans les affaires étrangères ces derniers temps.
Rappelons qu’en 2015, à l’initiative de François HOLLANDE et de son Ministre des Affaires Etrangères, Laurent FABIUS, la Cop 21 s’est déroulée à Paris. Cette conférence de l’ONU réunie pour lutter contre les changements climatiques a conclu ses travaux par un accord unanime sur le climat des 150 chefs d’Etats présents ou représentés. Il eut fallu que ces conclusions soient suivies d’effets qui tardent à venir. En cette période de pré-campagne présidentielle et alors que le Parti Socialiste se prépare à adopter son programme, il n’est pas inutile de rappeler que c’est un Président socialiste avec un Gouvernement socialiste qui a suscité une décision internationale de cette ampleur.
La canicule revêt également un caractère politique à travers la gestion de ses conséquences sur la vie de nos concitoyens. La vie professionnelle de nombreux salariés est affectée. La scolarité des enfants et des adolescents est confrontée à des dysfonctionnements. La santé et notamment le suivi des personnes dans les hôpitaux deviennent très préoccupants. C’est évidemment l’insuffisance des moyens financiers qui est mise à l’index.
Alors que la Cour des Comptes nous annonce un rapport intermédiaire alarmant quant à l’importance du déficit et de la dette publique jamais égalée, se pose, une nouvelle fois, la question des choix budgétaires. Ceux-ci concernent les dépenses et la répartition des moyens. Ils concernent aussi les recettes et c’est à cela qu’il faut se consacrer en priorité.
