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jeudi 5 novembre 2026

Journée d’action et au-delà

Ce jeudi est ce qu’on appelle communément une journée d’action organisée à l’initiative des syndicats rassemblés à cet effet. Aux salariés des entreprises privées et publiques se sont joints des lycéens et des étudiants. Ces derniers continuent de clamer leur insatisfaction quant au fonctionnement de notre système éducatif. Le Ministre de l’Education Nationale, fort maladroitement, invite les jeunes à mettre fin à leur mouvement revendicatif puisque des annonces ont été faites ces jours derniers.

Cette maladresse est la conséquence d’une absence de sens politique chez ce ministre. Il aura été, peut-être, un bon haut-fonctionnaire au ministère mais il n’a pas les qualités d’un responsable politique, capable d’apprécier une situation et de tenir le discours qui convient. Il faudra attendre la fin de cette journée pour en apprécier les effets.

Le Gouvernement n’a quasiment pas de marges de manœuvres. Les finances publiques sont dans un état plus que préoccupant. L’Assemblée Nationale a rejeté, unanimement, les propositions de recettes budgétaires. De ce fait, le projet de budget est entre les mains des sénateurs. Il ne faut pas attendre de la majorité sénatoriale des mesures de justice sociale et fiscale. La question se pose de savoir ce qu’il adviendra lorsque le débat reviendra devant les députés, en deuxième lecture. C’est donc bien au Premier Ministre de faire savoir ce qu’il veut. Il peut s’accrocher à des positions intenables qui entraîneront la censure du Gouvernement et son renvoi. Il peut à l’inverse, comme il l’a fait l’an dernier, rechercher un compromis. C’est possible, encore plus à six mois de l’élection présidentielle qui « redistribuera les cartes ».

En effet, qui a intérêt au vote d’une motion de censure sinon les porteurs du chaos qui risquerait de s’en suivre. C’est donc bien à l’Exécutif, Président de la République et Gouvernement, qu’il appartient d’éviter cela. C’est d’autant plus vrai que cet Exécutif, et surtout le Chef de l’Etat, a une lourde responsabilité dans la situation que l’on connaît. Il semble en avoir pris conscience, lui qui s’était engagé, il y a dix ans, à faire reculer l’extrême-droite. Au contraire de cela, sa politique économique et sociale, son mépris des autres amènent les sondages à prédire la victoire de la candidate du RN.

Emmanuel MACRON propose une coalition allant de Raphaël GLUCKSMANN à David LISNARD. Il nous refait le coup du « en même temps », version 2027. Cette formule est périmée. La priorité est de mettre fin à l’emprise de l’extrême-droite sur un nombre important de citoyennes et de citoyens. Dans ce combat, toutes les forces républicaines sincères peuvent se retrouver. L’ambiguïté des positions de certains doit être dénoncée. Pour les Socialistes et leurs partenaires Communistes et Ecologistes, l’objectif est d’avoir leur candidat présent au second tour. Donnons-nous les moyens d’atteindre cet objectif.

lundi 2 novembre 2026

Répondre à la rue

On ne rappellera jamais assez la responsabilité d’Emmanuel MACRON et de ceux qui le soutiennent depuis dix ans dans la situation que connaît la France aujourd’hui, situation qui paraît inextricable. Mais l’heure n’est pas seulement à dénoncer les méfaits de la politique macronienne. Il importe d’abord de trouver les voies et moyens qui permettront de sortir de l’impasse dans laquelle nous a engagé la macronie.

Pour la troisième fois en deux semaines, plusieurs centaines de milliers de citoyens, jeunes et moins jeunes, ont manifesté leurs exigences de réponses aux problèmes auxquels ils sont confrontés. Face à cette situation, un gouvernement timoré tarde à présenter des solutions et le fait dans une certaine confusion qui n’arrange rien. Les jeunes et leurs exigences légitimes de pouvoir étudier dans de bonnes conditions, les familles et leur demande d’amélioration de leur pouvoir d’achat ne peuvent se satisfaire des tergiversations de l’Exécutif.

C’est pourtant au Gouvernement, au Premier Ministre, d’afficher une volonté de résoudre les problèmes posés. Les statistiques publiées par le ministère de l’Education Nationale selon lesquelles 1% seulement des établissements scolaires seraient bloqués en ce jour de rentrée ne sont pas forcément rassurantes. Les lycéens, les étudiants, les enseignants, les parents d’élèves doivent avoir des engagements fermes et programmés de la part de l’Etat pour redonner à notre système éducatif les moyens dont il a besoin.

Le pouvoir en place mettra en avant les difficultés financières du pays. La dette abyssale dans laquelle il nous a entraînés, l’impossibilité apparente d’équilibrer le budget demeureront tant qu’on ne voudra pas rechercher des recettes en imposant davantage les plus hauts revenus. La théorie macroniste du « ruissellement » a montré son inefficacité pour ne pas dire son inexistence.

Il faut rapidement passer à autre chose et cesser de donner l’impression que l’on a choisi le « pourrissement » de la situation sans que l’on sache d’ailleurs où cela mènerait. D’aucuns font un rapprochement avec ce que la France a connu en 1968. Le contexte est complètement différent. A l’époque, le Chef de l’Etat, le Général DE GAULLE, avait été élu en 1965 pour un septennat. Il avait encore quatre années devant lui. Ce n’est pas le cas de l’actuel Président de la République qui, dans six mois, aura un successeur.

Qui plus est, il y a 58 ans, l’extrême-droite n’occupait pas le devant de la scène politique comme c’est le cas aujourd’hui. Les Insoumis n’existaient pas. La Gauche et la Droite dite républicaine s’affrontaient démocratiquement au Parlement et dans les urnes. Dans l’avenir immédiat, les risques sont réels. Ils pèsent sur le fonctionnement de nos institutions. Ils menacent notre République. Nous le redisons : les intentions formulées par les deux candidats que les sondages annoncent présents au second tour sont dangereuses. Il faut les combattre vigoureusement. Le Gouvernement doit montrer l’exemple en apportant des réponses à celles et ceux qui ont choisi la rue pour clamer leur colère.