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jeudi 28 mai 2026

Les conditions de l’alternance

L’élection présidentielle à venir fera couler encore beaucoup d’encre, suscitera de nombreux commentaires durant les dix mois qui nous séparent de cette échéance. Les candidatures fleurissent jour après jour. Elles sont franchement déclarées ou plus ou moins évoquées au détour de la publication d’un livre-programme.

Nous   l’avons   déjà   dit   :   laissons   la   droite   s’organiser   avec   ses « champions ». Préoccupons-nous de la gauche qui demeure l’alternance possible et souhaitable après les dix années de libéralisme macronien et le pouvoir vertical exercé par l’inventeur du « ni-ni ». L’objectif final sera, in-fine, d’éliminer l’extrême-droite qui sera vraisemblablement en lice au second tour. Jean-Luc MÉLENCHON ne pourra pas être élu dans l’hypothèse où il serait l’un des deux candidats arrivés en tête au 1er tour. La conflictualité qu’il entretient comme méthode d’action politique entraînera un rejet à son égard de la part d’un électorat modéré qui préfèrera prendre le risque d’avoir un Président de la République d’extrême-droite.

Il importe donc pour la Gauche responsable de s’organiser en conséquence et de proposer un programme partagé et un ou une candidat(e) de rassemblement. La Gauche a un bilan positif qu’elle n’a pas su valoriser suffisamment. Cela a eu pour conséquence de lui faire perdre les élections qui suivaient son passage au gouvernement.

La référence au Front Populaire de 1936 dont on célèbre en cette période le 90ème anniversaire, ne doit pas être négligée. C’est cette action gouvernementale conduite alors par Léon BLUM qui a jeté les bases des avancées sociales dont on bénéficie encore aujourd’hui. La présidence de François MITTERRAND pendant 14 ans puis celle de François HOLLANDE pendant 5 ans avec, entre les deux, le Gouvernement de Lionel JOSPIN pendant 5 ans, ont été des périodes au cours desquelles des décisions d’une très grande importance ont été prises. Cela concerne la protection sociale mais aussi l’éducation, l’environnement, la santé, le développement économique, la culture. C’est tout cela qu’il faut rappeler encore et toujours à nos concitoyens qui oublient le rôle de la Gauche, et des socialistes en particulier, dans ces avancées. 

Des propositions programmatiques commencent à circuler. C’est une bonne chose. L’étape suivante devra être consacrée à la mise en commun de ces propositions. Il sera alors de la responsabilité des porteurs de ces programmes de faire les concessions nécessaires pour aboutir à un accord.

La période estivale dans laquelle nous entrons sera mise à profit pour la réalisation de ce travail.

C’est alors que pourra être choisi celui ou celle qui portera ces propositions devant les Françaises et les Français. Cette candidature devra permettre d’être présent au second tour. Pour obtenir ce résultat, les ambitions déjà exprimées ou sous-entendues ne le permettront pas pour beaucoup d’entre elles. Il faut souhaiter des prises de conscience individuelle chez celles et ceux qui n’ont manifestement pas le costume pour être Chef de l’Etat.

lundi 25 mai 2026

Dans moins d’un an…(2)

Le mois de mai s’achève, marqué par ses nombreux jours fériés, le pont de l’Ascension. Dans moins d’un an, la France aura un nouveau ou une nouvelle Président(e) de la République. Difficile de dire qui occupera ces fonctions parmi les candidatures déclarées ou susceptibles de l’être. Les sondages et, plus sûrement encore, les résultats électoraux des consultations de ces derniers mois permettent de penser que le candidat ou la candidate d’extrême-droite sera présent au second tour. On ne dira jamais assez que cette mouvance est dans le droit fil de ces théories fascistes, racistes, xénophobes qui ont provoqué des millions de morts il y a quatre-vingts ans.

Nos concitoyens semblent avoir oublié et beaucoup d’entre eux votent pour les candidats porteurs de ces idées néfastes. Le comportement et les prises de position des maires du Rassemblement National élus il y a deux mois devraient pourtant faire prendre conscience des dangers qui pèseraient sur la Démocratie et sur la République en cas d’arrivée au pouvoir du RN et de ses alliés.

Pour l’heure, on ne connaît pas précisément leur programme gouvernemental. Ils continuent sans cesse de cultiver l’idée que la présence d’étrangers sur notre territoire est à l’origine des problèmes auxquels sont confrontés les Français. C’est un peu court. Il faudra donc attendre de connaître plus précisément leurs intentions dans tous les domaines de notre vie collective : système éducatif, protection sociale et son financement, culture, fiscalité, protection de l’environnement, Europe, politique internationale pour alors démontrer l’irrecevabilité de leurs propositions.

Dans cette perspective, la Gauche et la Droite républicaine doivent se mettre en situation de contrarier l’audience de l’extrême-droite dans l’opinion. Laissons à cette dernière le soin de s’organiser.

A gauche, le Parti Socialiste disposera d’un programme dans quelques temps. Les militants en discutent, apportent leurs observations et complètent le projet élaboré par la direction du parti. Le processus démocratique mérite d’être rappelé et souligné. Dans un mois, après le vote interne au PS pour adopter ce programme, la discussion pourra s’engager avec les partenaires désireux de gouverner ensemble. Les socialistes, les communistes, les écologistes, toutes celles et tous ceux qui souhaitent une alternance au libéralisme macronien devront adopter un programme commun. 

Viendra alors le moment du choix de celui ou de celle qui portera ce programme. Ce ne sera pas la chose la plus aisée. La question à laquelle il faudra répondre est évidente : qui est en capacité d’être présent au second tour ? En politique, les ambitions sont le préalable à l’action. Elles ne doivent pas desservir les intérêts collectifs. La responsabilité de chaque candidat ou candidate, de chaque responsable de parti ou de mouvement sera de privilégier une candidature de rassemblement.