Ce jeudi est ce qu’on appelle communément une journée d’action organisée à l’initiative des syndicats rassemblés à cet effet. Aux salariés des entreprises privées et publiques se sont joints des lycéens et des étudiants. Ces derniers continuent de clamer leur insatisfaction quant au fonctionnement de notre système éducatif. Le Ministre de l’Education Nationale, fort maladroitement, invite les jeunes à mettre fin à leur mouvement revendicatif puisque des annonces ont été faites ces jours derniers.
Cette maladresse est la conséquence d’une absence de sens politique chez ce ministre. Il aura été, peut-être, un bon haut-fonctionnaire au ministère mais il n’a pas les qualités d’un responsable politique, capable d’apprécier une situation et de tenir le discours qui convient. Il faudra attendre la fin de cette journée pour en apprécier les effets.
Le Gouvernement n’a quasiment pas de marges de manœuvres. Les finances publiques sont dans un état plus que préoccupant. L’Assemblée Nationale a rejeté, unanimement, les propositions de recettes budgétaires. De ce fait, le projet de budget est entre les mains des sénateurs. Il ne faut pas attendre de la majorité sénatoriale des mesures de justice sociale et fiscale. La question se pose de savoir ce qu’il adviendra lorsque le débat reviendra devant les députés, en deuxième lecture. C’est donc bien au Premier Ministre de faire savoir ce qu’il veut. Il peut s’accrocher à des positions intenables qui entraîneront la censure du Gouvernement et son renvoi. Il peut à l’inverse, comme il l’a fait l’an dernier, rechercher un compromis. C’est possible, encore plus à six mois de l’élection présidentielle qui « redistribuera les cartes ».
En effet, qui a intérêt au vote d’une motion de censure sinon les porteurs du chaos qui risquerait de s’en suivre. C’est donc bien à l’Exécutif, Président de la République et Gouvernement, qu’il appartient d’éviter cela. C’est d’autant plus vrai que cet Exécutif, et surtout le Chef de l’Etat, a une lourde responsabilité dans la situation que l’on connaît. Il semble en avoir pris conscience, lui qui s’était engagé, il y a dix ans, à faire reculer l’extrême-droite. Au contraire de cela, sa politique économique et sociale, son mépris des autres amènent les sondages à prédire la victoire de la candidate du RN.
Emmanuel MACRON propose une coalition allant de Raphaël GLUCKSMANN à David LISNARD. Il nous refait le coup du « en même temps », version 2027. Cette formule est périmée. La priorité est de mettre fin à l’emprise de l’extrême-droite sur un nombre important de citoyennes et de citoyens. Dans ce combat, toutes les forces républicaines sincères peuvent se retrouver. L’ambiguïté des positions de certains doit être dénoncée. Pour les Socialistes et leurs partenaires Communistes et Ecologistes, l’objectif est d’avoir leur candidat présent au second tour. Donnons-nous les moyens d’atteindre cet objectif.
